Ecriture Créative

Ecriture      Créative

Bienvenue dans l’immeuble

  

 

  

En 1853, sous les ordres de Napoléon III, le baron Hausmann entame de grands travaux de rénovation de la ville de Paris. De nouveaux habitants emménagent dans les immeubles et se répartissent dans les étages.

  

 

 

Immeuble 1.png

 

 

 

 

 

 

5e étage : domestiques

 

4e étage : familles ouvrières

 

3e étage : familles bourgeoises

 

2e étage : familles nobles

 

1er étage : famille de commerçants

 

Rez-de-chaussée : boutiques et concierge

 

 Immeuble 2.jpg

 

 

 

 

 

 

  

  Georges Perec a reçu le Prix Médicis en 1978 avec La vie   mode d’emploi.

 

C’est l’histoire d’un immeuble imaginaire, peuplés des personnages les plus loufoques et plus saugrenus les uns que les autres avec des histoires ahurissantes.

 

 

Voici un extrait

« Oui, cela pourrait commencer ainsi, ici, comme ça, d’une manière un peu lourde et lente, dans cet endroit neutre qui est à tous et à personne, où les gens se croisent presque sans se voir, où la vie de l’immeuble se répercute, lointaine et régulière. De ce qui se passe derrière les lourdes portes des appartements, on ne perçoit le plus souvent que ces échos éclatés, ces bribes, ces débris, ces esquisses, ces amorces, ces incidents ou accidents qui se déroulent dans ce que l’on appelle les « parties communes », ces petits bruits feutrés que le tapis de laine rouge passé étouffe, ces embryons de vie communautaire qui s’arrêtent toujours aux paliers ». 

 

 

Consigne d’écriture

 

A votre tour, présentez les différents occupants d’un immeuble.

Imaginez les portraits croustillants des personnes en évoquant des détails de leur vie, leurs comportements et leurs éventuelles relations entre elles.

(Au minimum 4 appartements occupés sur trois niveaux au moins).

 

 


22/11/2015
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L’homme du Café de la paix

 

15h00. Sa montre affichait 15h00 précises en blanc sur cadran noir. Elle était maintenant  à l’heure exacte du rendez-vous, alors qu’à son arrivée elle était résolument en avance. Comme d’habitude. On ne sait jamais… D’un geste machinal et précis, elle se passa les mains dans les cheveux, bruns, légèrement bouclés, se redressa sur sa chaise sans quitter des yeux   l’écran bleuâtre de son portable. Sa jupe et son corsage n’attiraient pas le regard par des couleurs ou une coupe sexy : non, elle avait choisi la neutralité, presque la banalité pour cette rencontre singulière. Autour d’elle, solitaires, en couples ou en groupe, les clients du bar. Le « Café de la paix », avait-il indiqué. Pas mal, jolies tables en bois peint, quelques palmiers. Un peu bruyant, peut-être à cause du large store qui protégeait la terrasse du soleil et répercutait paroles et bruits divers. Mais pas de voitures. Un parc en face. Des enfants.

Il avait dit au téléphone qu’il n’habitait pas loin de chez elle, qu’il avait quelque chose d’important à lui dire. Il avait insisté pour qu’ils se voient aujourd’hui 11novembre, l’heure aussi avait l’air importante.

Puis il est arrivé. Jeune, 35 ans environ, tenue d’allure plutôt sportive mais chic, silhouette élancée, le visage harmonieux et des yeux bleu très clair, mais d’une grande profondeur. Olga était satisfaite du premier contact, presque heureuse de cette découverte d’un voisin inconnu jusque-là, si bien que malgré elle, spontanément, un sourire est venu enluminer son visage.

 

- Merci d’être venue, lui dit-il, en lui serrant la main. Il faut que je vous montre quelque chose.

Sa voix était calme, agréable, elle y décelait de l’émotion, sans doute non feinte.

- J’espère que vous ne m’allez pas me gâcher mon après-midi, répondit-elle en relâchant son sourire.

- Non, non, bien au contraire… Voici  ce qui m’a amené à vous proposer cette rencontre.

Il s’assit et d’un coup sec,  ajusta la position de sa chaise. Puis, il déposa une grande enveloppe blanche sur la table ronde, prenant soin de ne pas bousculer la tasse de café d’Olga.

Il en retira une feuille qui faisait penser à une photocopie d’un document ancien, manuscrit,  et il affirma qu’il s’agissait d’un courrier d’un de ses arrière-grands-parents, mort à la guerre en 1917.

- Si je voulais vous voir aujourd’hui, c’est parce que mes recherches m’incitent  à croire que  cet ancêtre nous est commun.

Avant qu’Olga n’ait eu le temps de réagir, il poursuivit en l’invitant à écouter attentivement la lecture du document. ( Extrait de « Paroles de poilus , Lettres et carnets du front 1914-18 », p.87, éd Librio, 1998

 

« Ma bien chère Lucie,

Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi :

Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m’ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands. J’ai suivi mes camarades, et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi.

 

Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. […].

Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l’âme en peine […] Ma petite Lucie encore une fois pardon.

Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. C’est la fatalité.

Ma dernière pensée, à toi, jusqu’au bout. 

Henri Floch »

 

 Olga retira d’un geste lent ses lunettes de soleil, que par jeu ou par défi, elle avait gardé depuis l’arrivée du « voisin ». Son regard vert, ponctué par deux fins sourcils, nourri de multiples questions,  se fixa sur le visage de l’homme, qui gardait la tête légèrement baissée.

- Cette histoire est terrible. Mais vous devez vous méprendre : autant que je sache, je n’ai pas d’ancêtre mort durant la Grande guerre. Que voulez-vous au juste ?, dit- elle d’un ton à la foi ému et irrité. Que signifie ce rendez-vous ?

Troublé par la grâce de ses yeux qu’il voyait pour la première fois de si près, l’homme lui affirma que c’était la vérité. Il pouvait le prouver.

Il constata alors qu’il était 15h30 sur l’horloge du bar.

- Mais, il y a encore plus important. Il faut absolument que je vous emmène pour vous expliquer …venez …où vous voulez…

Olga était partagée entre curiosité et crainte, entre rejet immédiat de cette proposition bizarre et excitation d’une aventure un peu brumeuse. Elle accepta.

- D’accord. Allons dans la galerie marchande au bord du fleuve.

Alors qu’elle se levait, il remarqua la souplesse de sa ligne et la jolie courbure de ses jambes. Mais il se ressaisit aussitôt et la prit fermement par le bras.

- Vite, lui souffla-t-il, vite !

D’un pas pressé, il la guida jusqu'à sa voiture, sans parler. Olga ne savait que penser, tellement les évènements se bousculaient, mais elle pressentait avec une inexplicable assurance  la probable sincérité de cet homme.

Ils bondirent dans la voiture. Ils étaient happés par la mécanique démente du flot routier, aspirés vers le centre-ville. A vive allure, ils dépassaient les autres véhicules, tout comme les pompiers se précipitant vers un feu ou un accident.

Puis, passé les artères centrales, il ralentit. Le lac approchait. Il se dirigea vers le centre commercial et trouva rapidement une place de parking convenable. Il jeta un coup d’œil discret sur sa montre. 16h03.

- Nous y sommes, déclara-t-il en tournant la tête vers Olga. Avant de sortir, écoutez…

 

Il alluma la radio. Le speaker annonçait un attentat à la bombe qui venait de se produire allée de la Libération, à hauteur du Café de la paix. Sans doute des morts, des blessés. On ne savait pas encore combien.

Pétrifiée par les incroyables paroles de la radio, Olga s’était comme tassée sur son siège, les mains plaquées sur le visage. Malgré elle, un « Oh ! »  étouffé d’effroi sortit de ses lèvres. Mais très  rapidement, les questions affluèrent à son esprit.

-  Vous m’avez donc sauvé !!! Pourquoi ? Comment saviez-vous… ?

Il lui prit doucement la main.

- Venez, allons au centre commercial. Peut-être seulement la chance…

Tout ça est bien mystérieux, pensa-t-elle, en sortant du véhicule. Et puis tout à coup, lui vint une idée affreuse : et si c’était un stratagème pervers pour seulement la faire tomber dans ses bras ?

 

                                                                                Pierre, le 11 novembre 2015


19/11/2015
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Votre autobiographie: vous racontez , j'écris !

Faites écrire l'histoire de votre vie !

Vos souvenirs, vos valeurs, vos expériences marquantes…

  

Ma méthode :

Un premier entretien gratuit, nous faisons connaissance. Je vous présente ma manière de travailler et le déroulement de notre travail en commun. Vous me présentez votre projet, les sujets dont vous voulez parler, le résultat que vous imaginez obtenir. Si nous convenons de poursuivre ensemble, nous nous mettons d’accord sur les modalités et nous fixons le prochain rendez-vous pour démarrer le premier module.

 

Plusieurs étapes :

-   Une séance d’une heure. Je vous enregistre de manière à pouvoir retranscrire ensuite fidèlement vos paroles, je vous pose des questions et vous aide à exprimer votre pensée.

-  Un travail de retranscription qui dure environ trois à quatre heures. Je le réalise rapidement après notre rencontre afin de préserver l’esprit et l’ambiance de vos propos.

-  Je vous adresse cette transcription avant la séance suivante afin que vous puissiez la valider ou me dire ce que vous souhaitez modifier. Ou bien, nous relisons ensemble ces pages en début de séance suivante.

 

Il faut compter plusieurs séances pour votre biographie suivant ce que vous souhaitez transmettre. C’est vous qui définissez ce nombre. Vous êtes libre d’arrêter à tout moment.

Si la distance ne nous permet pas de nous rencontrer à votre domicile, je vous propose des entretiens via Skype.

 

Finalisation

A la fin des séances, je réunis tous les écrits et je les mets en forme pour donner une structure cohérente à l’ensemble. Nous consacrons une ou deux séances à une relecture commune afin de permettre au lecteur de mieux visualiser votre récit.

Je vous remets un document final aboutit : relu, corrigé, travaillé dans le style, mis en page, structuré. Si vous le souhaitez, je peux y insérer quelques-unes de vos photos.

Vous vérifiez et validez ce document. Je procède aux corrections finales nécessaires.

 

Mon rôle :

Je vous pose des questions, je vous aide à formuler vos idées, votre pensée, je vous écoute avec intérêt et bienveillance et je retranscris fidèlement vos propos.

- Je m’engage à respecter vos paroles et à  ne pas les interpréter ou les occulter.

- Je vous invite à étoffer votre récit, en donnant des détails vivants, des ressentis, etc.

- Je replace avec vous les évènements dans un contexte historique, social, économique, etc.

- Je cherche à valoriser avec vous les thèmes ou évènements phares de votre vie, et à donner du sens à l’ensemble.

 

Ma déontologie 

Vous êtes assurés de ma part d’une totale confidentialité sur les propos recueillis et les écrits réalisés. J’efface les enregistrements lorsque le travail biographique est terminé.

Je n’accepte pas la rédaction d’un texte qui comporte des propos diffamatoires, discriminants, ou injurieux.

Vous êtes propriétaire du document final.

 

Tarif

120 € la séance et sa retranscription.

 

 

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23/11/2014
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Ecrire ? J'aimerais bien, mais je n’ai pas de talent, pas d’inspiration !

La conception romantique de l’écriture au 19è siècle nous a fait croire que certains ont du talent, tandis que d’autres cherchent en vain des idées.

 

Non les muses ne visitent pas des élus bienheureux.

 

L’inspiration a plutôt à voir avec le plaisir et la régularité du travail.

 

 

 

Mais direz-vous, mon projet d’écriture n’a rien d’original, cela a déjà été écrit. Oui bien sûr, mais cela a-t-il été déjà écrit comme vous voulez l’écrire, comme vous allez l’écrire ?

 

Non, bien sûr que non ! Alors cela vaut le coup. Ecrivez-le !

 

Vous n’êtes pas un usurpateur, vous n’êtes pas illégitimes, vous avez le droit d’écrire, d’écrire ce que vous voulez écrire. La liberté est totale. Une fois le texte écrit, vous verrez quoi en faire : jusqu’où aller, dans quel genre vous inscrire.

 

Reconnaissez, puis ignorez cette petite voix du mental qui sabote et qui juge tout ce que vous entreprenez d’écrire.

 

Renoncez à la perfection de l’écriture, au flot d’idées géniales qui s’articulent dans un texte qui vous laisse vous-même dans l’admiration de tant de talent. Il convient de faire un deuil, de cesser d’idéaliser l’acte d’écrire.

 

 

 

 

Il y a seulement à entrer dans le processus d’écriture. Ecrire et écrire encore, persévérer jusqu’à rencontrer le plaisir d’écrire, le moment où tout s’aligne dans un même flux : le corps, le cœur, l’esprit.

 

Alors tous les obstacles intérieurs disparaissent  et vous avez accès à votre source intérieure.


12/05/2014
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Oser écrire: 5 réponses aux hésitations les plus coriaces

 

Ecrire quoi ?

 

Tout est prétexte 

Ecrire à propos de tout ce qui touche, intéresse, interroge, plait, fait rêver, fait réagir et vibrer…

-  Un calendrier météo, de jardinage…

- Des carnets de voyage, de ballades, de visites de lieux, d’expositions, de spectacles…

- Des commentaires sur des articles, des émissions de télévision ou de radio, des réflexions personnelles sur des sujets divers…

-  Un journal intime...

-  Des lettres à des proches envoyées ou pas…

- Des histoires, sa propre histoire, des contes, de la poésie, du théâtre, des paroles de chansons, des documentaires, des témoignages d’évènements…

- Des notes sur des situations observées dans la vie quotidienne, des portraits, des dialogues…

- Des textes libres, tout ce qui passe par la tête, des souvenirs, des rêves, des désirs…

 

Ecrire où ?

A chacun son sanctuaire

On peut écrire partout, chacun trouve des lieux qui s’y prêtent et où il se sent bien : le coin de rue pour prendre quelques notes,  la table du bistrot d’où l’on peut croquer des scènes, dans la nature au calme, chez soi dans un espace dédié. A vous de trouver votre sanctuaire et vos zones de prédilection.

 

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Ecrire à quel rythme ?

Pas un jour sans une ligne, de préférence en mode Alpha.

Ecrire tous les jours si possible - le plus souvent possible dans tous les cas -

Cela permet d’affiner son style d’écriture, de diversifier les genres, d’écrire des textes de plus en plus étoffés sur un sujet. Ecrire de plus en plus longtemps  afin d’approfondir la pratique de l’écriture. L’écriture coulera de mieux en mieux, se développera  et gagnera en profondeur.

 

La proposition d’Ernest Hemingway : « Je travaillais jusqu’au moment où j’avais entièrement achevé un passage et m’arrêtais quand j’avais trouvé la suite. Ainsi j’étais sûr de pouvoir poursuivre le lendemain ».

 

Le matin, au lever serait un moment propice car le cerveau est encore en mode alpha. Quand nous avons les yeux fermés, dans une position confortable, automatiquement nos ondes cérébrales ralentissent. Les deux hémisphères du cerveau fonctionnent ensemble dans une harmonie parfaite.

Ce qui nous permet d'avoir une meilleure concentration,  une meilleure mémoire, ainsi qu’une meilleure perception de tous nos sens. Nous accédons plus facilement à notre intuition, à notre créativité.

Les activités qui favorisent l’état alpha  sont celles qui permettent un relâchement du corps et de l’esprit: relaxation, yoga, méditation, etc. Les utiliser est favorable à une meilleure inspiration d'écriture.

 

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Comment persévérer ?

Traquer les blocages et les croyances

-   Faire taire le sabotage intérieur en développant sa motivation et sa volonté, lâcher les croyances « je ne suis pas doué(e), je n’ai pas d’inspiration, d’imagination, ce que j’écris est médiocre…

-   L’important, c’est le chemin avec l’écriture: écrire et ne pas se soucier du résultat.

-  La Comtesse de Ségur a écrit son premier ouvrage à cinquante-huit ans. Il n’est donc jamais trop tard pour écrire.

-  Traverser les moments d’écriture stérile, les moments où rien ne vient pour atteindre soudain le moment où tout s’éclaire et fait place aux mots justes.

- Mettre dans l’écriture toute l’énergie, des peurs, des doutes, des résistances, des conflits, des blocages ressentis justement à propos de l’acte d’écrire. Tout cela prend du temps mais ce trajet est nécessaire dans le processus d'écriture.

 

Ecrire, relire, corriger, quelle méthode ?

Se laisser porter du début à la fin

Pour un texte long, histoire, nouvelle, roman : corriger au fur et à mesure est souvent une perte de temps, il n’y a pas encore la vision d’ensemble. Ce qui est transformé peut ne plus coller avec la suite des écrits.

-   Ecrire le premier jet du texte jusqu’au bout : renoncer à la perfection.

-   Relire l'ensemble du texte ensuite.

-  Apporter les changements souhaités : style à améliorer, scènes à transformer ou à renforcer, passages à   supprimer, parties à ajouter, etc. 

 

 

 


18/03/2014
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